BEE SECURE Radar 2026: Rapport sur l'utilisation des TIC par les jeunes au Luxembourg

La cinquième édition du rapport "BEE SECURE Radar" sur les tendances actuelles de l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC) par les jeunes au Luxembourg vient d'être publiée à l'occasion de la Journée mondiale Safer Internet Day. Le ministre de l'Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch a assisté à la présentation de ce rapport qui suit les évolutions dans le domaine de l'utilisation des TIC et des risques associés.

Y sont documentés les observations et les résultats des enquêtes réalisées par l'initiative BEE SECURE dans le cadre de ses activités de l'année scolaire 2024-2025. Le rapport comprend notamment les retours d'enfants, de jeunes et de parents ainsi que du personnel enseignant et éducatif sur diverses questions liées à une utilisation sûre et responsable d'Internet.

Pour cette édition, une attention particulière a été portée, et ce dans les différentes enquêtes, à la thématique de l'intelligence artificielle (IA), qui s'est imposée comme un enjeu central de réflexion et d'analyse dans le domaine de l'éducation et de la citoyenneté numérique.

Les résultats clés se résument comme suit:

  • Selon leur propre évaluation, la communication en ligne fait du bien à de nombreux jeunes:

    Chez les jeunes âgés de 17 à 30 ans, plus de la moitié (57 %) estiment que le fait de chatter ou de communiquer en ligne contribue à améliorer leur bien-être mental. Près de la moitié (49 %) perçoivent l'usage des chatbots IA (tels que ChatGPT) comme ayant un effet positif sur leur bien-être.
  • Perception défavorable de l'impact des réseaux sociaux sur le bien-être mental chez une majorité des jeunes, mais usage toujours élevé:

    Bien que 59 % des jeunes de 17 à 30 ans déclarent que les réseaux sociaux ont un effet défavorable sur leur bien-être mental, ils continuent néanmoins à les utiliser fréquemment: seuls 11 % y consacrent moins d'une heure par jour, tandis qu'environ un tiers y passent quatre heures ou plus quotidiennement.
  • Fréquente exposition à des contenus haineux, en particulier sur les plateformes de réseaux sociaux:

    Pour la première fois, la fréquence de l'exposition à des contenus haineux visant certains groupes de personnes a été demandée. Parmi les jeunes âgés de 17 à 30 ans, environ quatre sur cinq déclarent être au moins occasionnellement confrontés à des discours de haine visant les femmes, les personnes LGBTQIA+, ainsi que des formes de haine liées à l'origine ou à la religion. Environ la moitié des répondants indiquent également rencontrer au moins parfois des contenus haineux à l'égard des personnes en situation de handicap. Les résultats montrent qu'il s'agit d'une expérience relativement courante chez les jeunes, en particulier sur Instagram, TikTok, suivis par Facebook et YouTube.
  • Les chatbots font partie du quotidien:

    Une large majorité (84 %) des 17 à 30 ans utilisent les chatbots, tels que ChatGPT, au moins occasionnellement, et près d'un jeune sur cinq (19 %) les utilisent quotidiennement pendant une heure ou plus
  • Relation (amicale) avec l'IA?

    Pour une partie des 17 à 30 ans, l'IA peut représenter une forme de présence dans leur quotidien: 17 % la perçoivent comme un ami, 20 % estiment qu'elle aide à se sentir moins seul, et 5 % pensent qu'elle peut remplacer du temps passé avec d'autres personnes, même si 76 % préfèrent toujours la compagnie réelle à celle d'une IA. Un peu moins de la moitié (45 %) des jeunes s'en servent au moins parfois pour obtenir des conseils personnels, et environ un quart (22 %) évoquent des sujets qu'ils ne partageraient avec personne d'autre.
  • Pensée critique et autres compétences

    Parmi les jeunes âgés de 17 à 30 ans, un tiers perçoivent l'influence de l'IA sur leur pensée critique et autonome comme négative. À l'inverse, 16 % la jugent positive, tandis que 40 % estiment qu'elle n'a pas d'impact particulier. Les répondants considèrent que leur pensée critique et leurs capacités de recherche d'informations sont davantage affectées par l'usage des chatbots que leurs compétences relationnelles ou leur empathie. L'impact sur la pensée critique est plutôt perçu comme négatif, alors que celui sur les compétences de recherche est évalué légèrement positif, bien que dans une mesure modérée.
  • Les parents parlent assez souvent des risques en ligne avec leurs enfants, mais abordent comparativement peu leurs expériences réelles en ligne:

    La majorité des parents d'enfants âgés de 3 à 11 ans (62 %), ainsi que presque tous les parents de jeunes de 12 à 16 ans (97 %), déclarent avoir déjà abordé avec leur enfant les risques liés à l'utilisation d'Internet. En revanche, seule une minorité de parents discutent avec leur enfant de leurs expériences personnelles en ligne, qu'elles soient négatives ou positives. Les thèmes les plus fréquemment évoqués concernent la désinformation et l'usage excessif des écrans. Cette observation rejoint les préoccupations principales exprimées par les parents. Environ la moitié des élèves interrogés dans l'enseignement fondamental et secondaire déclarent qu'ils parlent à leur famille en cas de mauvaise expérience en ligne. Environ un enfant sur dix indique qu'il n'en parlerait à personne.

Ensemble pour un meilleur Internet

Dans le but de sensibiliser tant les jeunes que les moins jeunes, l'initiative BEE SECURE adapte continuellement ses actions et ses offres aux défis du numérique. L'IA transforme les usages existants et fait apparaître de nouveaux enjeux. Dans ce cadre, des campagnes, des formations, des séances d'information pour les parents, des publications et activités variées contribuent à ce que les enfants et les jeunes grandissent en sécurité dans un monde numérique et soient mieux préparés aux défis liés à ce domaine.

Conformément au slogan du Safer Internet Day, "Ensemble pour un meilleur Internet", le BEE SECURE Radar vise à informer tous les acteurs impliqués dans la promotion d'une utilisation plus sûre de l'Internet pour les enfants et les jeunes et à les aider à orienter leurs actions de manière ciblée. Chacun peut contribuer à aider les enfants et jeunes à s'orienter dans la vie et dans le monde (numérique) d'aujourd'hui et de demain.

Découvrir le BEE SECURE Radar 2026

Communiqué par le Service nationale de la jeunesse